« Ceci n’est pas un album, 
 c’est une expérience » 


PROCHAINS CONCERTS

LA GÉNÈSE

J’ai mis un temps fou à écrire ces quelques lignes, j’avais pourtant les mots, je les avais au bout de ma langue bien pendue, celle qui a cru savoir, celle qui a oublié que l’on apprend jusqu’à la fin. Malgré mon esprit bien rangé et toutes les expériences qui m’ont accompagné, j’ai pourtant oublié de vivre, prenant goût à l’illusion approuvée par les yeux des autres.

Derrière mon écran de fumée, je pouvais encore faire Rêver mon auditoire. Derrière les rideaux, il se jouait des scènes d’une vie bien tourmentée. Je n’avais pas compris mes propres discours, mes histoires étudiées à la virgule près, mes rêves de gloire et mon désir d’exception. Par où suis-je passé pour en arriver là ? La réalité me désigne coupable, je dois répondre de mes choix. C’est ma responsabilité. Mais pas à cet endroit, et pas à cette seconde.

Je sais, J’ai menti.

D’abord à moi même, puis à tous ceux qui ont tendu l’oreille sans médire. La question est : Comment dois-je faire pour accepter mon mensonge ? Comment faire pour me tenir de nouveau droite ? Je sais que je devrai me battre si un jour je manque de courage ou de compassion envers moi-même. Mais qui suis-je ? Je ne sais plus, je n’ai plus envie d’y penser. J’agonise et sans doute j’aime ça. Comme on aime se faire peur quand on est enfant ! Avec ces jeux dans le noir et ces cris stridents que les parents adorent.

Mes parents eux ne sont plus là pour me guider où me critiquer.

Est-ce que c ‘était leur faute ? Il faut bien que ce soit la faute de quelqu’un, si je dois aujourd’hui faire face à mes ombres. Qu’ils en portent la responsabilité me dédouane de la mienne. Leur départ marque le réveil de ma folie jusque là endormie. De mes cris dans la nuit et de mon dilemme entre ici et là bas. Ils étaient comme le pansement qui cicatrise les blessures, mais la blessure de ma vie n’a jamais cicatrisé. Elle saigne encore au dedans, prête à faire exploser mon sang accumulé au fil des années.

Mais moi aussi je suis mère maintenant;

Comment expliquer à mes filles que j’étouffe, que je me consume. Tout tourne dans ma tête, je n’ai pas de solution et j’en meurs de l’intérieur tout doucement. Je tremble encore de cette incapacité à me relever. Je décide de demander et d’oser invoquer. Qu’ai-je à perdre ? Mon père me l’a inculqué comme l’avait fait son père avec lui. Comme l’avait prédit ce « Sacré Père », je retourne à mes origines, à mes racines et surtout à l’inconnu, la page blanche. Je suis guidée par je ne sais quoi de mystique, peut être des voix car je continue à entendre des voix, c’est mon secret. Je partage ce secret car je dois l’avouer tout ceci n’est pas juste le fruit de mon courage ou de mes envies. J’avance doucement avec mes idées. Je me rassure en me disant que ce ne sont pas vraiment les miennes.

Les mystiques continuent à œuvrer pour ma cause

... Nous nous organisons, mes questions, ma folie et moi. En espérant tout bas qu’aux Origines, toutes nos questions aboutiront à des réponses claires. Le Congo m’ouvre ces bras. Et dans le tréfonds de la forêt équatoriale d’Impfundo, m’attendent les Aka. Ce peuple qui parle aux Dieux et rend compte aux hommes par La musique, les chants, les danses et les rites Sacrés... Je suis fascinée par tout ce qu’ils représentent et me demande pourquoi ils suscitent si peu d’intérêt. Les Aka sont les oubliés du bout d’un monde. Pourtant la simplicité et l’authenticité avec laquelle la vie peut suivre son cours à leurs côtés, devraient passionner la terre entière.

Nous sommes comme perdus dans une autre galaxie,

où le temps n’a pas vraiment de place. Chaque moment est l’instant de grâce, une occasion d’invoquer les Dieux. Le futur et le passé n’existent plus. Tout est lié au moment présent ! C’est maintenant…

Sans m’en rendre compte, je viens de faire basculer ma vie.

Une nouvelle femme est née de ce voyage vers l’intériorité, un voyage vers la vie, la responsabilité et l’intégrité. Je n’ai plus posé toutes mes questions. Je n’ai pas osé presser les messagers des Dieux. J’étais astreinte au silence. Il fallait écouter.

J’entendis alors : arrête la course, dépose les armes et accepte la vie. « Que ton esprit Soit ouvert à Tout et ne s’attache à rien »